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La dysplasie bronchopulmonaire

Nutrition et dysplasie bronchopulmonaire

Introduction

Des études de recherche ont démontré qu’au cours de leurs deux premières années de vie, les bébés atteints de DBP enregistrent un taux de croissance plus lent que celui des nourrissons normaux nés à terme. Les nourrissons qui sont gravement atteints de DBP et qui ont besoin d’oxygène d’appoint au-delà des 36 semaines d’âge post-conceptuel peuvent ne pas rattraper ce « retard » de croissance avant l’âge de 8 ans.

Ce ralentissement de croissance est, en partie, causé par une augmentation de la demande en énergie qu’exigent les efforts accrus déployés pour respirer. La croissance de certains bébés atteints de DBP peut également être restreinte par leur incapacité à absorber des volumes importants de liquides, réduisant ainsi la quantité de lait maternisé qui peut leur être donnée. Beaucoup de bébés atteints de DBP boivent mal en raison de leur respiration rapide, de leurs difficultés de déglutition, de leur manque d’appétit et/ou de leur irritabilité. Un appétit réduit est un symptôme fréquent de nombreuses maladies pulmonaires. Les problèmes de déglutition se manifestent surtout chez les nourrissons qui ont également des troubles de développement. Chez certains bébés, des problèmes de régurgitation ou de reflux gastroesophagien, nuisent à l’alimentation. Certains médicaments peuvent également ralentir la croissance.

Bien que la croissance des bébés atteints de DBP représente un défi en soi, il ne faut pas oublier que le développement et une bonne nutrition sont essentiels pour que le corps, y compris les poumons, parviennent à maturité et résistent à d’autres blessures. Cette partie expliquera ce à quoi vous pouvez vous attendre, du point de vue nutritionnel, dans l’unité néo-natale des soins intensifs (UNSI) et, après la mise en congé, de quelle façon composer avec certains problèmes qui peuvent surgir, puis, finalement, elle vous donnera certaines suggestions utiles vous permettant d’offrir la meilleure nutrition possible à votre bébé.

Dans l’UNSI

La nutrition parentérale totale ou NPT peut être la première source de nutrition donnée à votre bébé, selon la gravité de la DBP dont il sera atteint ou son degré de prématurité. Il s’agit d’une méthode d’alimentation consistant à injecter, dans ses veines, ce qu’il ne peut absorber à partir de son lait maternisé ou du lait maternel. La NPT comprend une pochette de liquide jaune contenant du sucre, des protéines, des vitamines et des minéraux ainsi qu’une seringue de liquide blanc laiteux contenant des lipides. La NPT sera diminuée et éventuellement arrêtée au fur et à mesure que votre bébé absorbera davantage de lait maternel ou maternisé.

Il arrive souvent que les bébés atteints de DBP soient incapables de s’alimenter suffisamment par la bouche. Cette situation peut être attribuable au fait qu’ils respirent trop rapidement, qu’ils ont besoin d’un ventilateur ou qu’ils sont trop prématurés pour téter et avaler. Il faut alors avoir recours à « l’alimentation par sonde ». Le tube peut être inséré dans la bouche ou le nez, puis se rendre jusque dans l’estomac ou les intestins. L’insertion du tube n’est pas douloureuse et l’alimentation par la bouche peut débuter pendant que ce tube est en place. Le tube est retiré dès que votre bébé peut absorber suffisamment de lait par la bouche. L’alimentation par sonde peut se faire en « bolus », lorsqu’une quantité pré-mesurée de lait est donnée à quelques heures d’intervalle, ou encore en « continu », en l’occurrence lorsqu’une pompe est utilisée pour l’alimenter de façon continue. D’une façon comme de l’autre, vous ne devriez pas hésiter à demander à participer quand vient le temps de nourrir votre bébé. Vous désirerez peut-être alors le tenir dans vos bras, ou encore votre infirmière pourrait vous montrer à tenir le tube ou la seringue utilisée pour l’alimentation par sonde. Si vous ne vous sentez pas encore à l’aise avec cette méthode d’alimentation, vous pouvez commencer par simplement parler à votre bébé pendant que le personnel s’occupe de le nourrir.

Comme pour tout autre bébé, le meilleur lait que vous pouvez donner à votre bébé est le vôtre. Il est plus facile à digérer et il fournit d’excellents facteurs immunitaires que l’on ne retrouve pas dans le lait maternisé. Même si votre bébé ne peut téter, vous pouvez extraire votre lait manuellement ou à l’aide d’une pompe, puis l’entreposer jusqu’à deux semaines dans le compartiment de congélation de votre réfrigérateur, ou jusqu’à six mois dans un congélateur. Si votre bébé est prématuré, il aura des besoins supplémentaires et il est souvent nécessaire d’ajouter un « supplément » pour enrichir votre lait. Ce « supplément » contient des protéines, de l’énergie, des vitamines et des minéraux supplémentaires requis pour assurer la croissance adéquate d’un bébé prématuré. Rappelez-vous que votre bébé doit se rattraper pour se développer au même rythme qu’un bébé né à terme.

Si vous décidez de ne pas allaiter, du lait maternisé régulier ou pour prématurés sera donné à votre bébé. Le lait maternisé pour prématurés contient des protéines, des vitamines et des minéraux supplémentaires, en plus d’être modifié de façon à être plus facile à digérer par un estomac qui n’est pas encore entièrement développé. Règle générale, à l’âge corrigé à terme ou au moment où votre bébé obtient son congé de l’hôpital, on ne lui donne plus de lait pour prématurés mais bien du lait maternisé régulier.

Les bébés atteints de DBP ont parfois besoin de 1,5 à 2 fois plus de calories que les bébés dits « normaux ». Puisqu’ils ont habituellement de la difficulté à tolérer trop de liquides, il devient souvent nécessaire de concentrer le lait maternisé. Ainsi, bien qu’une formule habituelle et le lait maternel contiennent 20 calories par once, votre bébé peut, lui, avoir besoin de 24, 27 ou même 30 calories par once. Cette valeur calorique est obtenue en ajoutant moins d’eau au lait maternisé concentré, ou encore en ajoutant des lipides ou des glucides au lait maternisé ou maternel. Ces lipides sont disponibles sous forme de « Microlipid® » (une forme d’huile de carthame), d’huile de carthame ou d’un produit similaire, alors que les glucides sont ajoutés sous forme de « Polycose‘ » ou de « Caloreen® », un amidon sans saveur.

L’UNSI vérifiera régulièrement la croissance et les besoins nutritionnels de votre bébé. L’infirmière, la diététiste ou le médecin qui s’occupera de votre bébé répondra avec plaisir à toute question que vous lui poserez au sujet de la nutrition de votre enfant.

Mise en congé de l’UNSI

Quand votre bébé obtiendra son congé de l’hôpital, il est possible qu’il ait encore besoin d’un lait maternisé spécial ou, dans certains cas, qu’il soit encore alimenté par sonde. Votre médecin et votre diététiste vont désirer suivre de près la croissance de votre bébé. Idéalement, votre bébé devrait prendre de 5 à 8 onces par semaine. Il serait bon que vous teniez un registre de son alimentation, car cela va permettre d’évaluer plus facilement si son alimentation est optimale. Les aliments donnés à la cuillère sont souvent mieux tolérés que les aliments liquides. Il est préférable d’attendre jusqu’à 4 mois, « âge corrigé », pour commencer les aliments solides. L’âge corrigé désigne l’âge réel après terme (p. ex. : un bébé né à 32 semaines de gestation a un âge corrigé de 8 semaines, 16 semaines après sa naissance). Certains bébés ne sont prêts à manger des solides que bien après leurs 4 à 6 mois, selon leur développement. Le tableau suivant peut servir de guide quand vient le moment de commencer à donner des aliments solides à votre enfant.

Stade de développement Âge corrigé approximatif Aliments et quantité
Le bébé tète et avale les liquides; prédominance du réflexe de protrusion de la langue; petites secousses de la tête.

0 à 3 mois
Lait maternel ou maternisé seulement
Il s’assoit avec un minimum de soutien; la tête est droite et solide; le bébé peut transférer les aliments de l’avant à l’arrière de sa bouche, puis réussit à avaler des aliments non liquides.



4 à 6 mois

Lait maternel ou maternisé

Céréales sèches pour bébés, fruits ou légumes en purée en quantité limitée de façon à ne pas diminuer la quantité de lait maternel ou maternisé ingérée. Si le bébé est allaité, on peut donner de la viande en purée en guise de supplément de fer et de protéines.

Le bébé s’assoit sans soutien; il garde sa tête droite et maîtrise bien son corps. Il peut écraser les aliments avec ses mâchoires et peut avaler des aliments de textures et de consistances différentes. Il commence à manger tout seul.



7 à 9 mois

Lait maternel ou maternisé

Céréales pour enfants (8 à 12 c. table/jour)

Légumes et fruits en purée ou coupés finement (6 à 8 c. table/jour)

Viandes en purée ou écrasées (2 à 4 c. table/jour

Toast ou biscuit de dentition

Le bébé continue à perfectionner sa capacité de mordre, mastiquer et avaler les aliments; il tient une tasse, utilise une cuillère et aime manger tout seul.




10 à 12 mois
Lait maternel ou maternisé

Céréales pour enfants (8 à 12 c. table/jour)

Fruits mous et légumes cuits écrasés à la fourchette (6 à 8 c. table/jour)

Viande ou substituts hachés ou en morceaux (1 à 2 on/jour)

Pommes de terre et produits céréaliers de grains entiers ou enrichis

Toast ou biscuit de dentition

Le lait de vache homogénéisé ne devrait pas être donné avant l’âge de 9 à 12 mois, selon la consommation d’aliments solides. Outre le lait maternisé enrichi de fer ou le lait maternel, votre médecin va probablement vous recommander un comprimé de multivitamines et de fer, surtout si votre bébé était prématuré.

Problèmes de nutrition fréquents chez les enfants atteints de DBP

Les nourrissons gravement atteints de DBP éprouvent de la difficulté à téter et à avaler efficacement. Leur respiration rapide fait que le tout-petit s’épuise rapidement et peut éprouver de la difficulté à coordonner la séquence de succion et de déglutition. Or, une alimentation prolongée par sonde peut mener à une résistance à l’alimentation ainsi qu’à une défense orale. Une orthophoniste peut aider à résoudre bon nombre de ces problèmes d’alimentation. Pendant ce temps, des aliments à faible teneur en liquide et en sel, mais à forte teneur en calories, en protéines et en minéraux peuvent être recommandés (p. ex. : des yoghourts et des crèmes-desserts à saveur de fruits, des pommes de terres et des pommes de terre en purée, de la crème glacée, des sorbets et des céréales).

Le rachistisme est une diminution de la masse osseuse qui frappe souvent les nourrissons gravement atteints de DBP. Cette affection risque davantage de toucher votre bébé si celui-ci a besoin de NPT pendant une période de temps prolongée, de restrictions sévères de liquides ou de doses élevées de diurétiques ou de stéroïdes. Dans de tels cas, il est impossible de fournir du calcium ou du phosphore en quantité suffisante. C’est pour cette raison que des suppléments de calcium et de phosphore peuvent être recommandés après la mise en congé.

Le reflux gastroesophagien (le contenu de l’estomac qui remonte de l’estomac, jusque dans l’oesophage) qui se termine fréquemment par des vomissements, est un phénomène commun chez les nourrissons atteints de DBP. L’épaississement du lait à l’aide de céréales pour enfants aide parfois. Les boires fréquents en plus petites quantités, donnés en position semi-couchée (angles de 45 à 60 degrés) demeurent le traitement privilégié. Cela aide également, parfois, après le repas, de garder soulevée la partie supérieure du corps du bébé et de le coucher sur son côté. La meilleure façon de procéder consiste à placer une brique ou quelques livres sous la « tête de lit » du berceau (si le berceau est doté de roues, veiller à les bloquer). Cela devrait soulever le matelas à un angle de 20 à 30 degrés. Les bébés ont tendance à s’affaisser dans un siège d’auto pour nourrisson, de sorte que les y déposer immédiatement après un repas peut, en fait, empirer le problème de reflux. L’administration de médicaments peut s’avérer nécessaire si les traitements précités échouent.

Quelques nourrissons qui semblent avoir besoin d’alimentation par sonde pendant une période prolongée pourront devoir subir une intervention chirurgicale (gastrostomie) pour permettre l’installation d’une sonde gastrique. Cette intervention est exécutée en pratiquant un petit tunnel de la peau à l’estomac. Cette sonde peut être retirée lorsqu’elle n’est plus requise. L’alimentation par sonde peut parfois augmenter les risques de reflux gastroesophagien, de sorte qu’une intervention appelée « fundoplication » doit parfois être pratiquée simultanément pour resserrer la partie supérieure de l’estomac afin d’éviter ce reflux.

Nourrir un bambin atteint de DBP

Une croissance lente est fréquente chez les bébés atteints de DBP et non inhabituelle même chez les enfants plus âgés atteints de cette même maladie. Une bonne croissance est importante pour le développement ainsi que pour favoriser la guérison de chacune des parties du corps, y compris celle des poumons. Malheureusement, toute personne qui s’occupe d’un bambin sait pertinemment qu’un tout-petit est loin d’entretenir des rapports harmonieux avec la nourriture. Pour le bambin ayant des besoins en énergie plus élevés en raison de sa DBP, le défi à relever est encore plus grand. Il est donc d’autant plus important de mieux comprendre cette période clé dans la vie de votre enfant afin de faciliter un peu le déroulement du processus.

Quelques points à garder en tête :

  • Après 18 mois, la croissance ralentit et l’appétit diminue.
  • Le refus de certains aliments devient une nouvelle façon d’attirer l’attention.
  • L’enfant est rendu à un âge où il ressent le besoin d’affirmer son autonomie et son indépendance (p. ex. : le mot « non » se hisse au premier rang de son vocabulaire).
  • Malgré son besoin de contrôle, votre enfant a encore besoin que vous fixiez ses limites (p. ex. : vous choisissez l’aliment qu’il mange, il en choisit la quantité).
  • Les bambins ont tendance à « imiter » et subissent facilement l’influence de l’environnement dans lequel ils mangent (vous serez peut-être appelé à revoir vos propres habitudes alimentaires!)

Façons de composer :

  • Il est difficile de prévoir l’appétit pendant cette période, car il peut varier d’une journée à l’autre, voire d’un repas à l’autre. Essayez plutôt de voir la quantité ingérée au cours d’une plus longue période de temps et ne vous inquiétez pas pour une mauvaise journée.
  • Gardez les aliments simples et les portions, petites.
  • Évitez les distractions à l’heure des repas et essayez de faire précéder les repas d’un temps de repos, car un enfant fatigué ou surexcité ne mange pas aussi bien.
  • Essayez de masquer votre désapprobation. Donnez-lui, au besoin, de l’attention supplémentaire, mais entre les repas.
  • Des heures de repas et de collations régulières favorisent l’appétit. Les collations ne nuisent pas dans la mesure où elles sont prises bien avant l’heure des repas.
  • Essayez de servir le repas principal le midi, car certains bambins sont trop fatigués pour bien manger à la fin de la journée.

Quoi leur servir :

Commencez par les quatre groupes d’aliments de base, soit les produits céréaliers, les produits laitiers, les fruits et légumes, puis les viandes et substituts. Utilisez les Tips for Boosting Energy and Protein Intake (conseils pour augmenter l’énergie et la consommation de protéines). Si l’enfant consomme très peu de lait, on peut suggérer des substituts comme le yoghourt, le fromage ou le fromage cottage, les crèmes-desserts ou les potages crèmes. Le goût des légumes est plus prononcé quand ils sont cuits, de sorte que les légumes crus peuvent être préférables, mais surveillez étroitement votre enfant afin d’éviter qu’il ne s’étouffe en les mangeant. Si l’enfant refuse de manger des légumes, rappelez-vous que les fruits contiennent la plupart des mêmes éléments nutritifs. La viande est difficile à manger, même pour un enfant plus âgé. Essayez de l’incorporer à des mets mous et crémeux ou gardez de la viande hachée congelée que vous pouvez utiliser lorsque de la viande plus coriace est servie. Les œufs, le poisson, les légumineuses (haricots, pois secs ou lentilles), ou encore le tofu constituent tous d’excellents substituts à la viande. Les muffins, les nouilles, le riz, les craquelins ou les bagels sont, eux aussi, une solution de rechange aux pains et céréales. Le Food Guide for Little Folks (guide alimentaire pour les tout-petits) vous donnera une idée de la grosseur des portions. Essayez d’offrir au moins 3 portions provenant de la catégorie des produits laitiers et de la catégorie des viandes pour maximiser l’apport énergétique.

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