Ce qu’il faut savoir… sur la vie privée

Vie privée

Nous vivons à l’ère du Web 2.0. Ces dernières années ont vu l’émergence de sites tels Facebook et YouTube, qui ont permis aux internautes de devenir eux-mêmes créateurs de contenus : c’est ce Web participatif que l’on a dénommé le Web 2.0 – allusion à la deuxième version d’un logiciel.
Les jeunes ont pris possession avec enthousiasme de ce Web social qui leur permet de s’exprimer et de créer des réseaux : leurs activités en ligne intègrent messagerie instantanée, sites de réseautage social, blogues, partage de vidéos, forums et jeux en ligne – dont bon nombre ont désormais un mode chat pour discuter en temps réel entre joueurs, d’un point du monde à l’autre.

Ces immenses possibilités qu’ouvre le Web 2.0 ont une contrepartie : celle de menacer leur vie privée. Ceci se fait de deux façons distinctes :

  • Par l’exploitation marketing de nos données personnelles. Sur Internet, les sites Web gratuits ont généralement un prix : celui de nos données personnelles. Bon nombre de sites fonctionnent économiquement grâce à la vente de ces informations aux publicitaires. Ainsi Facebook, sur sa page dédiée aux professionnels du marketing, énonce les avantages que son environnement unique donne en matière de ciblage précis du consommateur, d’intégration de contenu, de recommandation par un ami et de distribution virale.
  • Par la mise en ligne d’informations accessibles à tous. Lorsqu’un jeune remplit un profil détaillé sur MSN, ou sur un site de réseautage social, il permet par défaut à tout utilisateur du réseau d’avoir accès à ses données et photos – des informations privées qui, une fois postées, échappent à son contrôle et sont souvent difficiles à effacer.

Que ce soit pour maîtriser sa réputation ou déjouer les stratégies publicitaires, la protection de la vie privée est devenue une compétence que tout internaute a besoin de développer au XXIème siècle.

Sites Web commerciaux et vie privée

Les jeunes ont souvent une attitude désinvolte vis-à-vis des renseignements personnels qu’ils affichent en ligne – une disposition que les gens du marketing cultivent avec ardeur : sur le Web, les jeunes donnent volontairement des informations que les publicitaires payaient cher auparavant. Les sites populaires tels Barbie, Webkinz ou Neopets, utilisent un assortiment de techniques pour amener les utilisateurs à remplir des questionnaires de consommation, qui serviront ensuite à monter des campagnes de promotion qui ciblent spécifiquement les jeunes.

Au Canada, l'industrie s'est donné un certain nombre de politiques volontaires pour protéger la vie privée des jeunes. Par exemple, la politique de confidentialité de l'Association canadienne du marketing comprend un certain nombre de règles à observer concernant le recueil d'informations auprès de jeunes de moins de 13 ans et l'utilisation qui en est faite. Ces politiques sont toutefois entièrement volontaires et n'ont pas force de loi.
Pour les parents, la meilleure façon de déterminer quelles informations sont collectées sur les sites où vont leurs enfants, est de passer en revue leurs politiques de confidentialité –qui sont généralement accessibles au bas de chaque page.

Voici une liste de questions qui vous y aidera :

  • Quelles informations le site recueille-t-il sur votre enfant et comment ces informations seront-elles utilisées ?
  • Pouvez-vous changer ou effacer toute donnée qui a été recueillie concernant votre enfant ?
  • Quelles sont les mesures proposées pour assurer la sécurité de votre enfant lorsqu’il participe à des activités de clavardage, de babillards, et de courriels sur le site ?
  • Cela est-il conforme aux lignes directrices proposées par l’industrie concernant le marketing et la collecte de données relatives aux enfants sur Internet ?
  • Quelles méthodes utilise-t-on pour s’assurer que les parents ont donné leur accord avant qu’un enfant ne révèle des données personnelles en ligne ?
  • Comment pouvez-vous contacter ou obtenir plus d’informations concernant la compagnie à l’origine du site Web ?
  • Le langage utilisé dans la politique de confidentialité est-il clair et facile à comprendre ?

La politique de confidentialité de l'Association canadienne du marketing comprend un certain nombre de règles à observer concernant le recueil d'informations auprès de jeunes de moins de 13 ans et l'utilisation qui en est faite. Ces politiques sont toutefois entièrement volontaires et n'ont pas force de loi. A titre d’exemple, le site Web de TV5 Canada représente un très bon exemple de politique de confidentialité claire.


Vie privée sur les sites de réseautage social

Les jeunes internautes fréquentent dès un jeune âge les sites commerciaux de jeux gratuits. Ces sites les « éduquent » à donner leurs informations personnelles en renforçant positivement cet acte par une récompense (des points, des lots, des pouvoirs spéciaux dans le jeu, etc.). Or, lorsque les jeunes passent de Neopets à Facebook, cette attitude désinvolte peut avoir de nouvelles conséquences car ces informations personnelles ne sont plus simplement accessibles aux publicitaires, mais aux autres internautes.
Les sites de réseautage social et les mondes virtuels demandent généralement aux utilisateurs de remplir un profil détaillé : nom, adresse et un certain nombre de précisions sur leur vie privée – sur Facebook, vous avez notamment les rubriques « opinions politiques », « religion », et « statut marital ».

En tant que parent, il est vain, et même contre-productif de vouloir pousser son enfant à ne rien révéler sur lui-même dans son profil. En revanche, il est important d’attirer son attention sur la façon de gérer et de protéger ce profil.

Le risque de ne pas restreindre l’accès de son profil aux seules personnes qu’elle/il connaît est particulièrement marqué chez les préadolescents ; en effet, pour ces jeunes qui commencent tout juste à utiliser les réseaux sociaux, le fait d’avoir un grand nombre d’amis est la marque de son statut. Ils auront donc tendance à accepter quiconque les sollicite. En tant que parent, assurez-vous que votre enfant n’accepte comme « amis » que des personnes qu’il ou elle connaît dans le monde physique. Passez également en revue avec lui les paramètres permettant de restreindre l’accès du profil à ses seuls amis réels.

Au moment de l’adolescence, où l’activité sociale en ligne est intense, il s’agit plus de discuter avec votre jeune sur la nature de ses interactions : les messages personnels, les photos compromettantes sextos, même envoyés à de vrais amis – ou petits amis – peuvent se révéler embarrassants si la relation tourne au vinaigre : rendre publique une information privée est la forme la plus commune de cyberintimidation. Plus largement, le jeune doit prendre en considération la permanence de ce qu’il met en ligne : contrairement à la génération de ses parents, qui pouvaient vivre leur folle jeunesse sans grand danger pour leur avenir, le Web ne permet plus à l’adolescent de bénéficier de ce droit de prescription. Ce qui est envoyé sur Internet l’est potentiellement pour toujours ; effacer de l’information en ligne ne signifie pas qu’elle a disparu : bien souvent, les conditions d’utilisation des sites sociaux stipulent que les propriétaires conservent une copie de sauvegarde des contenus. Il est donc important de consulter la politique de confidentialité (lien au bas de cette page) de ces sites, lorsqu’on s’y inscrit – et ici, l’aide d’un adulte ne s’avérera pas superflue : les politiques de confidentialité des sites sont généralement écrites pour un niveau de compréhension universitaire.

Les jeunes peuvent s’empresser de communiquer de l’information sur leur maladie, leur état de santé ou encore d’afficher des photos de leur crâne dégarni suite à un traitement. Mais le fait de communiquer ces informations pourrait avoir des répercussions à long terme, par exemple, lorsqu’ils tenteront d’obtenir de l’assurance médicale. En s’assurant que les réglages de confidentialité ne permettent qu’aux amis de voir leurs informations, ils pourront protéger ce qui autrement serait disponible à tous.

Droit des jeunes à leur vie privée

Lorsqu’on parle du droit des jeunes à leur vie privée, les parents sont dans une situation délicate : ils veulent protéger leurs enfants, et pour cela ils ont besoin de surveiller ce que ceux-ci font en ligne. Comment, en tant que parent, concilier éducation et respect de la vie privée de son enfant ?
Tout d’abord, cela aide grandement d’instaurer un dialogue dès les premiers balbutiements de votre enfant sur la Toile : qu’y fait-il ? Que trouve-t-il intéressant ? De cette façon, vous instaurez dès le début un climat d’ouverture et d’échange autour des activités Web, ce qu’il sera beaucoup plus facile de maintenir à l’adolescence, lorsque le développement naturel de l’enfant le conduira vers des communications en ligne plus indépendantes.

Si vous réussissez très tôt à établir ce climat d’échanges autour des activités Web de votre enfant, il est probable que vous n’aurez jamais besoin de « l’espionner ». Si toutefois vous avez de réelles inquiétudes par rapport aux activités de votre enfant, il est alors important de lui dire honnêtement que vous comptez lire ses conversations en ligne, ou passer en revue les sites où il se rend.

Le risque de ne pas restreindre l’accès de son profil aux seules personnes qu’elle/il connaît est particulièrement marqué chez les préadolescents ; en effet, pour ces jeunes qui commencent tout juste à utiliser les réseaux sociaux, le fait d’avoir un grand nombre d’amis est la marque de son statut.

Conseils aux parents

Les parents ont un rôle important à jouer lorsqu’il s’agit d’enseigner à leurs enfants l’importance de gérer leurs informations personnelles en ligne.

  • Commencez à parler à vos enfants de la valeur des renseignements personnels dès leur plus jeune âge.
  • Aidez votre enfant à ne laisser dans les sites commerciaux que le minimum en matière de renseignements personnels.
  • Afin de minimiser le côté commercial et la collecte de données, dirigez vos jeunes enfants vers des sites éducatifs non commerciaux de qualité. Demandez conseil à d’autres parents, à votre bibliothécaire, ou consultez des répertoires en ligne de bons sites pour enfants.
  • Dans les sites de réseautage social, assurez-vous que leurs réglages ne permettent qu’à leurs amis d’accéder à leur profil.
  • Lisez la politique de confidentialité des sites où votre enfant se rend.
  • Inculquez de solides lignes de conduite à vos enfants s’ils achètent en ligne.
  •  Assurez-vous que les sites dont ils se servent sont fiables et sûrs en matière de transactions.
  • Assistez vos enfants lorsqu’ils s’inscrivent à divers sites Web et activités en ligne.

Ce que fera le CHEO afin de réduire les risques associés au partage d’informations personnelles en ligne

Le Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario (CHEO) croit que la protection de votre vie privée est importante, c’est pourquoi nous vous encourageons à lire attentivement notre politique sur la vie privée afin de bien saisir la teneur de notre engagement envers la protection de la vie privée et l’impact éventuel du partage d’informations personnelles, comme l’état médical de votre enfant ou des membres de votre famille. Notre politique sur la protection de la vie privée est disponible sur notre site web.

© 2010 Media Awareness Network, www.media-awareness.ca, adapté avec permission. Pour obtenir de plus amples informations sur Web averti, visitez le http://www.media-awareness.ca/


Impliquez-vous

Promotion des intérêts

Vous aussi pouvez aider!

Je contribue

Les façons de contribuer 

Je partage

Partagez votre histoire!

Liens rapides

Programmes et info santé

 
Zoomed image Close