Comment le programme de NRI du CHEO a sauvé la vue d’une adolescente

Les migraines de Camryn devenaient de plus en plus douloureuses et persistantes. Il y avait aussi un bruit sonore constant dans son oreille.
La jeune fille de 16 ans a dû composer avec des migraines chroniques à l’arrière de sa tête et dans le haut du cou pendant des années, mais cette fois-ci, la situation est devenue critique.
Une série de visites dans des salles d’urgence et des cliniques locales à Belleville et à Kingston ont rapidement dégénéré en un mystère de la médecine — un mystère qui finirait par être résolu grâce à l’expertise et à l’innovation de l’équipe de neuroradiologie interventionnelle (NRI) du CHEO et d’une neuro-interventionniste de l’Hôpital d’Ottawa.
Le parcours de Camryn montre en quoi la décision du CHEO d’implanter à l’interne des procédures complexes de NRI a transformé la vie de patients et de leurs familles. Auparavant, les enfants nécessitant ces interventions spécialisées devaient se faire transférer à des hôpitaux pour enfants de Montréal ou de Toronto; dans certains cas, on les transférait au Campus Civic de l’Hôpital d’Ottawa.
Cette situation causait des retards et des problèmes logistiques, en plus d’augmenter le fardeau émotionnel pour les patients et les familles, puisqu’il fallait déplacer des enfants gravement malades entre les établissements.
Maintenant qu’il dispose de laboratoires de radiologie interventionnelle et de cathétérisme entièrement équipé — grâce à des dons généreux de la collectivité à la Fondation du CHEO, dont 2 millions de dollars du Canadien Pacifique — et d’une équipe de spécialistes compétents et dévoués, le CHEO peut fournir sur place des interventions qui changent des vies et, dans certains cas, qui sauvent des vies.
Les soins sont prodigués rapidement et en toute sécurité, plus près du domicile des patients et de leur famille, tout en assurant la continuité des soins.
L’intervention de Camryn était urgente. Après des semaines de symptômes débilitants et de diagnostics non concluants, sa mère, Adrienne Woods, a déclaré qu’une résidente en ophtalmologie pédiatrique à Kingston avait décelé un gonflement grave de ses nerfs optiques — appelé œdème papillaire de stade 4 — ce qui laisse croire qu’il y avait une pression intracrânienne dangereusement élevée autour de son cerveau.
« C’était horrible, ça prêtait à confusion. « J’avais beaucoup de douleur et je ne pouvais ni manger ni boire », raconte Camryn.
Une tomographie et une ponction lombaire ont confirmé que la pression atteignait plus le double du niveau normal. La cause : une veine rétrécie dans son cerveau en raison de l’hypertension intracrânienne.
Sans traitement, elle pourrait devenir aveugle.
Transférée au CHEO pour une évaluation plus poussée, Camryn s’est fait évaluer par le neurochirurgien pédiatrique Munyao Nzau, qui a ensuite fait venir le neuro-interventionniste Robert Fahed de l’Hôpital d’Ottawa.
En l’espace de quelques heures, Fahed, son confrère et l’équipe de NRI du CHEO (dont deux technologues en radiation médicale, une infirmière, un anesthésiste et un assistant en anesthésie) ont pratiqué une intervention peu agressive, mais urgente.
Par une minuscule incision dans l’aine de Camryn, une endoprothèse a été insérée soigneusement dans sa tête pour soulager la pression dans son cerveau. Les résultats ont été immédiats : le son pétillant de l’oreille a disparu, la douleur s’est atténuée et la pression s’est égalisée instantanément.
« Je me sentais 10 fois mieux, et soulagée », dit Camryn.
Bien qu’elle ait subi une opération au cerveau, aucune cicatrice n’était visible où que ce soit sur son corps. Comme trace de l’intervention, il ne restait plus qu’un petit bandage à l’aine.
L’intervention a sauvé la vue de Camryn, et elle est rentrée chez elle le lendemain.
Cette situation a montré l’importance d’éliminer les retards et d’améliorer l’accès aux soins. La capacité d’effectuer ces interventions au CHEO se traduit par un traitement plus rapide, une réduction des risques et une diminution du stress pour les familles.
« Un accès plus rapide signifie de meilleurs soins aux patients et de meilleurs résultats », a déclaré Krystina Chartrand, infirmière et facilitatrice des soins au service d’Imagerie médicale du CHEO.
Depuis l’ouverture du laboratoire de radiologie interventionnelle et de cathétérisme en octobre 2022, l’équipe a mené des dizaines d’interventions complexes pour modifier le flux sanguin, y compris la réparation d’une rupture de malformation artérioveineuse, les embolisations et l’élimination de caillots. Ce qui devait être un programme à faible volume a dépassé les attentes, avec une ou deux interventions effectuées chaque mois.
« Grâce aux énormes efforts du CHEO au cours des dernières années, nous sommes l’un des rares centres à pouvoir le faire, a déclaré M. Fahed.
L’histoire de Camryn constitue un exemple éloquent de la façon dont l’innovation, la collaboration et les soins en temps opportun peuvent changer des vies. Elle est de retour à l’école et regarde aujourd’hui vers l’avenir.
Son état nécessite encore une surveillance, et peut-être une seconde intervention, et la jeune fille doit composer avec des maux de tête, mais son histoire témoigne des résultats de l’innovation et de l’évolution du CHEO.
C’est une des façons dont le CHEO prend de l’importance et se transforme pour offrir les meilleurs soins possibles aux enfants d’aujourd’hui et de demain.